Vous avez trouvé le motif parfait, pris vos mesures, et vous voilà bloqué devant une question que vous n’aviez pas anticipée : tamisant, voile ou occultant ?
C’est pourtant le choix le plus structurant de toute la commande. Tous les stores enrouleurs se ressemblent une fois remontés : c’est le tissu, et lui seul, qui fait la différence au quotidien. Le design, vous le changerez peut-être dans cinq ans par lassitude. Le tissu, lui, vous le subirez tous les jours : c’est lui qui décide si vous dormez dans le noir, si vous voyez votre jardin depuis le canapé, et si vos voisins d’en face aperçoivent votre silhouette à 22 h.
Voici comment trancher, pièce par pièce, sans se tromper.
Les trois tissus en un coup d’œil

Retenez la logique : le tamisant filtre, le voile transmet, l’occultant bloque. Tout le reste en découle.
Tamisant : la lumière sans les regards

C’est le tissu le plus polyvalent, et de loin le plus demandé — pour une bonne raison. Le tamisant est un polyester haute ténacité de 0,30 mm qui laisse traverser la lumière tout en étant totalement opaque au regard. Concrètement : depuis l’intérieur, la pièce reste claire et le motif imprimé se révèle en contre-jour ; depuis l’extérieur, personne ne distingue ce qui se passe chez vous.
C’est le seul des trois qui donne une lumière véritablement diffuse. La lumière ne rentre pas par un trou, elle traverse toute la surface du tissu, ce qui supprime les zones de contraste violent et les reflets sur les écrans. Une pièce équipée d’un store tamisant est lumineuse sans être éblouissante.
Son autre avantage est son poids : 190 g/m², soit deux à trois fois moins que les deux autres. Sur une grande fenêtre, cela se sent à la manœuvre — le store remonte d’un geste, sans effort sur la chaîne.
Choisissez le tamisant si vous voulez de la lumière et de l’intimité en même temps, sans compromis sur l’un ou l’autre.
Voile : garder la vue sur l’extérieur

Le voile est le seul tissu à travers lequel on voit. Il possède un facteur d’ouverture d’environ 1 % : des micro-perforations réparties sur toute la toile qui laissent passer le regard tout en filtrant la lumière. Plus dense que le tamisant (470 g/m², 0,55 mm), il est composé à 70 % de PVC et 30 % de polyester, ce qui lui donne une bonne tenue et une excellente résistance dans le temps.
Sa vraie force est ailleurs, et elle est souvent ignorée : il filtre 95 % des rayons UV-A. Vous conservez votre vue sur le jardin, la rue ou l’horizon, mais vos meubles, votre parquet et vos tissus d’ameublement cessent de se décolorer. C’est le seul tissu qui règle ce problème sans vous priver du paysage.
En contrepartie, il faut être lucide : si vous voyez à travers, on vous voit aussi, dès que l’écart de luminosité s’inverse — c’est-à-dire dès la tombée de la nuit, lumière allumée.
Choisissez le voile si vous avez une belle vue à préserver, si vous êtes en étage élevé, ou pour une vitrine de commerce où l’on doit voir l’intérieur depuis la rue.
Occultant : le noir complet

L’occultant ne laisse rien passer. Sa composition — 75 % PVC et 25 % fibre de verre — n’est pas anodine : la fibre de verre confère au tissu une stabilité dimensionnelle que les toiles purement synthétiques n’ont pas. En clair, il ne se déforme pas, ne gondole pas et ne se creuse pas avec les années, malgré ses 537 g/m² qui en font le plus lourd des trois.
Sa résistance à la lumière est certifiée AATCC 16-2003 classe 4,5 : le motif imprimé ne passera pas, même exposé plein sud pendant des années. C’est un point que la plupart des vendeurs ne mentionnent jamais, et c’est pourtant ce qui distingue un store qui tient dix ans d’un store délavé au bout de deux étés.
Un mot d’honnêteté sur l’obscurité : un store enrouleur occultant bloque 100 % de la lumière à travers le tissu. Il reste toujours un filet lumineux sur les côtés, entre la toile et l’embrasure. Pour s’en approcher au maximum, privilégiez une pose murale débordante plutôt qu’en feuillure — nous y revenons plus bas.
Choisissez l’occultant si vous devez dormir, projeter une image, ou travailler sur écran face à une fenêtre exposée.
Le piège que personne ne mentionne : l’intimité de nuit
C’est l’erreur la plus fréquente, et elle ne se découvre qu’après la pose.
En journée, il fait plus clair dehors que dedans : un store tamisant vous protège parfaitement des regards. Le soir, le rapport s’inverse. Votre salon est éclairé, la rue est sombre, et le tissu qui vous cachait si bien à 15 h devient un écran sur lequel se projettent vos silhouettes à 22 h.
Le tamisant reste opaque — on ne distingue pas les détails — mais on perçoit les mouvements et les formes. Le voile, lui, ne cache rien du tout une fois la lumière allumée.
Trois conséquences pratiques :
- Rez-de-chaussée sur rue passante : occultant, ou tamisant complété par un rideau que vous tirez le soir.
- Étage élevé ou vis-à-vis lointain : le tamisant suffit largement.
- Salle de bain et chambre : ne descendez jamais en dessous du tamisant, quelle que soit la configuration.
Pièce par pièce : quel tissu choisir
Chambre adulte

Occultant, sans hésitation. C’est la pièce où l’obscurité a une valeur mesurable : la lumière du petit matin, en été, perturbe la fin de nuit bien avant le réveil. Si vous dormez en horaires décalés, c’est encore plus vrai.
Si vous aimez vous réveiller avec la lumière naturelle, le tamisant reste défendable — mais posez-vous la question en juin, pas en décembre.
Chambre d’enfant et de bébé
Occultant, et ce n’est pas négociable pour une chambre de bébé. Les siestes de journée ne fonctionnent qu’avec une pièce sombre, et l’écart entre un tamisant et un occultant se traduit très concrètement en durée de sieste.
Deux caractéristiques comptent ici autant que l’opacité : la certification Greenguard, qui garantit de faibles émissions de composés organiques volatils dans un espace clos, et le caractère hypoallergénique et antimicrobien du tissu, qui ne retient pas la poussière. Un store enrouleur se dépoussière d’un coup de chiffon là où un rideau demande un lavage en machine.
Salon et salle à manger
Tamisant dans la grande majorité des cas. Vous voulez une pièce lumineuse, une ambiance douce, et pas de reflet sur la télévision en fin d’après-midi. Le tamisant fait exactement cela.
Voile si votre salon donne sur un jardin, une vue dégagée ou un balcon fleuri : ce serait dommage de masquer ce que vous avez sous les yeux, et les 95 % d’UV filtrés protégeront votre canapé et votre parquet.
Cuisine
Tamisant ou voile. La cuisine est une pièce où l’on a besoin de voir ce que l’on fait : la lumière naturelle sur un plan de travail n’a pas d’équivalent. L’atout décisif ici est l’entretien : un chiffon humide et un peu de savon neutre suffisent à retirer les projections de graisse, ce qu’aucun rideau textile ne permet.
Attention à un point pratique : vérifiez que le store déroulé ne gêne ni la poignée de fenêtre, ni un meuble haut, ni une plaque de cuisson.
Salle de bain

Tamisant ou occultant, jamais de voile. C’est une évidence pour l’intimité, mais il y a une seconde raison : le PVC et le polyester ne craignent ni l’humidité ni la vapeur, et ne développent pas de moisissures comme un textile classique. Un store enrouleur est objectivement mieux adapté à une salle de bain qu’un rideau.
Bureau et télétravail
Occultant si votre écran est face à la fenêtre — c’est le seul moyen d’éliminer complètement les reflets sur une journée entière.
Tamisant si votre bureau est perpendiculaire à la fenêtre : vous conservez la lumière naturelle, indispensable au confort visuel sur huit heures, sans éblouissement direct. C’est aussi la configuration à privilégier pour les visioconférences, où un fond de fenêtre surexposé vous transforme en silhouette noire.
Balcon, terrasse et espaces abrités
Voile en priorité, pour l’ombre sans la sensation d’enfermement, et pour la filtration UV. Le tamisant convient également si vous cherchez plus d’intimité vis-à-vis des voisins.
Un point de vigilance : ces stores sont conçus pour des extérieurs abrités — balcon couvert, terrasse sous auvent, véranda, loggia. Ils ne sont pas des stores bannes de plein vent et ne doivent pas rester exposés à des rafales ou à des pluies battantes.
Ce que les trois tissus ont en commun
Quel que soit votre choix, vous bénéficiez du même socle technique :
- Certification Greenguard sur les trois toiles : émissions chimiques contrôlées, ce qui compte dans une chambre ou une pièce peu ventilée.
- Traitement ignifuge : M1 pour le tamisant et le voile, FR pour l’occultant.
- Hypoallergénique et antimicrobien : le tissu ne retient pas la poussière, un vrai argument pour les personnes allergiques.
- Isolation thermique : réduction de l’entrée du froid en hiver et de la chaleur en été.
- Isolation acoustique : atténuation de la pénétration du bruit extérieur.
- Entretien : un chiffon humide et du savon neutre. Rien d’autre. Pas de machine, pas de pressing.
Trois réglages à ne pas bâcler avant de commander
Le tissu choisi, il reste trois options qui changent beaucoup le résultat final.
1. Le mode de pose détermine vos mesures. Deux possibilités, et les calculs sont opposés :
- Pose mur ou plafond : mesurez la fenêtre et ajoutez 5 cm de chaque côté. Pour une fenêtre de 100 × 180 cm, commandez un store de 110 × 190 cm. C’est la pose à privilégier avec un occultant, car le débord supprime une grande partie des fuites de lumière latérales.
- Pose en feuillure (dans l’embrasure) : mesurez l’ouverture et retirez 5 mm à la largeur. Pour une ouverture de 100 × 180 cm, commandez 99,5 × 180 cm. Rendu plus intégré, mais liseré lumineux sur les côtés.
Les dimensions disponibles vont de 40 à 180 cm de largeur et de 40 à 300 cm de hauteur, entièrement sur mesure.
2. Le drapé du tissu. Cascade fait tomber la toile devant le tube : le mécanisme est masqué, le rendu est plus net vu de face. Derrière le tube, la toile tombe au plus près de la vitre : à préférer en pose en feuillure ou quand chaque centimètre compte.
3. La chaîne et les supports. Position à gauche ou à droite — choisissez le côté opposé à l’ouvrant et aux meubles. Couleur blanche ou noire, à accorder aux menuiseries plutôt qu’au motif du store. La chaîne et le contrepoids sont en PVC, avec un mécanisme léger sur tube de 43 mm.
Questions fréquentes
Un store occultant fait-il vraiment le noir complet ? Le tissu bloque 100 % de la lumière. Il subsiste toujours un filet lumineux sur les côtés, entre la toile et l’embrasure. Une pose murale avec 5 cm de débord de chaque côté le réduit fortement.
On me voit à travers un store tamisant ? Pas en journée. Le soir, lumière allumée, on perçoit les silhouettes sans distinguer les détails. Pour une intimité totale de nuit, optez pour l’occultant.
Quelle différence entre voile et tamisant ? Les deux laissent passer la lumière. Le voile permet de voir à travers grâce à son facteur d’ouverture de 1 % ; le tamisant est totalement opaque au regard.
Le motif imprimé se voit-il depuis l’extérieur ? De jour, l’extérieur voit surtout le dos du store. Le motif s’exprime pleinement depuis l’intérieur, révélé en contre-jour — c’est particulièrement spectaculaire sur un tamisant.
Le tissu va-t-il se décolorer au soleil ? L’occultant est certifié AATCC 16-2003 classe 4,5. Le tamisant et le voile filtrent les UV-A, le voile à 95 %. Sur une fenêtre plein sud très exposée, l’occultant reste le plus durable.
Quel tissu pour une chambre de bébé ? Occultant, pour les siestes de journée. La certification Greenguard et le traitement antimicrobien sont deux arguments supplémentaires dans une pièce où l’enfant passe beaucoup de temps.
En résumé
Posez-vous une seule question, dans cet ordre : ai-je besoin de dormir dans cette pièce ? Si oui, occultant. Sinon : ai-je une vue que je veux garder ? Si oui, voile. Dans tous les autres cas, tamisant — et vous ne le regretterez pas.
Le reste — le motif, la couleur, le format — n’est que du plaisir. Le tissu, lui, c’est la décision technique. Une fois qu’elle est prise, tout le reste devient facile.